Coronavirus : comment trouver de la trésorerie ?

En raison de l’absence ou de la réduction significative de leur activité, certaines entreprises vont devoir recourir à des financements externes pour disposer de la trésorerie nécessaire à leur survie.

Il existe des solutions pour leur permettre de faire face à leurs besoins à court terme. Elles sont proposées par les banques, des organismes tels que Bpifrance, ou des institutions telles que les régions. Tous peuvent être sollicités très rapidement, et disposent de moyens renforcés pour aider les entreprises.

Dès le 15 mars 2020, la Fédération Bancaire Française indiquait dans un communiqué que « Les banques examineront avec une attention particulière les situations individuelles de leurs clients commerçants, professionnels, petites et moyennes entreprises, impactés dans les secteurs d’activité les plus directement exposés et rechercheront notamment les solutions les plus adaptées aux besoins de financement court terme ».

Voici présentées des mesures de base qui peuvent être mises en œuvre, avec une indication succincte des démarches à accomplir et des contreparties qui sont demandées.

1. Solliciter un crédit de trésorerie

La dégradation des conditions d’exercice de l’activité peut conduire à des difficultés importantes de trésorerie.

Les entreprises concernées peuvent solliciter un crédit de trésorerie afin d’éviter tout blocage supplémentaire dans leur fonctionnement qui serait dû à l’impossibilité d’effectuer de nouveaux paiements ou à des rejets de paiements émis.

Plusieurs types de prêts ont été mis en place depuis le début de l’épidémie de Covid-19 pour permettre au plus grand nombre d’entreprises d’en bénéficier

Les banques sont les interlocuteurs incontournables. Mais il est possible de solliciter également :

  • Bpifrance pour la garantie de prêts de trésorerie, ou pour une intervention conjointe avec d’autres financeurs (banques ou régions) ;
  • et les régions qui peuvent intervenir avec Bpifrance ou individuellement.

→ Prêt garanti par l’Etat (PGE)

Il s’agit en pratique d’un prêt accordé par une banque qui bénéficie de la garantie de l’État. Un PGE peut être sollicité jusqu’au 30 juin 2021.

Ces prêts peuvent couvrir jusqu’à 25% du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise, ou 2 années de masse salariale pour les entreprises innovantes ou créées depuis le 1er janvier 2019 si cela leur est plus favorable.

Les prêts sollicités par les entreprises appartenant aux secteurs les plus touchés par la crise (hébergement, restauration, culture, voyages, transports non terrestres) peuvent couvrir l’équivalent des 3 meilleurs mois de leur dernier exercice.

Le PGE est remboursable sur une durée pouvant aller jusqu’à 6 ans maximum (y compris une période de différé de 12 mois, ou 24 mois).

La garantie de l’État porte sur 90% du montant du prêt. Elle est tarifée à un coût modique. En savoir plus

→ Prêt Atout

Il s’agit d’un prêt à taux fixe ou variable proposé par BPI France, pour un montant pouvant aller de 50 000 € jusqu’à 5 000 000 € pour les TPE/PME, et 30 000 000 € pour les ETI selon la définition communautaire.

D’une durée de 3 à 5 ans avec différé d’amortissement en capital jusqu’à 12 mois, il peut être sollicité par les entreprises de la plupart des secteurs d’activité, hors immobilier et hors entreprises en difficulté. Elles doivent avoir 12 mois d’activité minimum.

Il n’y a pas de frais de dossier, et aucune sûreté réelle ou personnelle.

→ Prêt Rebond (conjointement avec les régions)

Il s’agit d’un prêt bonifié de 10 000 € à 300 000 € accordé par BPI France et les régions.

Il est d’une durée de 7 ans, avec différé de 2 ans.

Les autres conditions sont spécifiques à chaque région.

→ Prêt Participatif pour les entreprises de moins de 50 salariés

Il s’agit d’un prêt exceptionnel que l’État destine aux entreprises de moins de 50 salariés qui n’ont pas obtenu une solution de financement satisfaisante auprès des réseaux bancaires (notamment refus d’un PGE ou obtention d’un PGE insuffisant), et qui justifient de perspectives réelles de redressement de leur exploitation.

Les entreprises intéressées doivent solliciter le Codefi de leur département jusqu’au 31 décembre 2020.

Les prêts sont d’un montant maximum de 100 000 € (20 000 € pour les activités relevant de l’agriculture, 30 000 € pour celles qui relèvent de l’aquaculture et de la pêche), avec un taux d’intérêt minimum de 3,5 %.

Ils sont remboursables sur une durée maximum de 7 ans, y compris un différé possible de 12 mois.

→ Soutien de la trésorerie des entreprises de 50 salariés et plus

Les PME de 50 salariés et plus qui n’ont pas obtenu de PGE, ou n’ont pas obtenu de PGE pour un montant suffisant, peuvent bénéficier d’un dispositif de soutien de leur trésorerie en fonction de leur positionnement économique et industriel (caractère stratégique, savoir faire reconnu et à préserver, importance au sein du bassin d’emploi local,...).

Il s’agit :

  • d’une avance remboursable pour les aides d’un montant inférieur ou égal à 800 000 € (remboursement sur 10 ans maximum, y compris une possibilité de différé de remboursement de 3 ans) ;
  • d’un prêt à taux bonifié pour les aides dont le montant est supérieur à 800 000 € (remboursable sur 6 ans maximum, y compris une possibilité de différé de remboursement de 1 an).

Les entreprises intéressées doivent solliciter le Codefi de leur département jusqu’au 31 décembre 2020.

2. Mobiliser ou céder les créances détenues sur les clients

Pour les entreprises qui n’utilisent pas encore ce type de financement, une autre mesure consiste à mobiliser ou céder les créances qu’elles détiennent sur leurs clients.

Les entreprises devraient pouvoir céder les créances qu’elles détiennent sur leurs clients relevant du secteur public sans rencontrer de réticence accrue de la part de leur banque ou des organismes financiers.

Par contre, la mobilisation ou la cession des créances détenues sur des clients du secteur privé sera plus ardue car la plupart des entités du secteur privé sont fragilisées par le ralentissement général de l’activité (les créances sur les grandes entreprises devraient toutefois être mobilisables plus facilement).

Il convient de noter que Bpifrance, dans son plan de soutien d’urgence aux entreprises, propose la mobilisation de leurs factures, ainsi qu’un crédit de trésorerie égal à 30 % du volume mobilisé (les conditions d’octroi de ce financement ne sont pas précisées).

3. Céder les commandes reçues

Il est également possible de solliciter un nouveau type de financement auprès des organismes financiers qui pratiquent l’affacturage (banques, factor,...). Sa particularité tient au fait qu’il peut être mis en place sur la base d’une commande reçue, sans attendre l’émission d’une facture, et qu’il bénéficie de la garantie de l’Etat.

En pratique, pour une même opération de vente ou de prestation réalisée, deux financements successifs sont mis en place par l’organisme financier :

  • le premier est accordé sur la base d’une cession d’une commande ferme détenue par l’entreprise, et bénéficie de la garantie de l’Etat ;
  • le second, qui éteint le premier, est accordé sur la base d’une cession de la créance matérialisée par la facture établie (tel que décrit au paragraphe 2), et ne bénéficie pas de la garantie de l’Etat.

Ce dispositif fait l’objet d’une foire aux questions mise en ligne par le ministère de l’économie, des finances et de la relance.

4. Négocier avec les banques et les établissements de crédit

Au début de l’épidémie, des différés ou des rééchelonnements de 6 mois ont été accordés par les banques et les établissements de crédits sur des emprunts ou d’autres financements (crédits-bails, locations longue durée). Ces reports ont souvent été accordés de manière automatique par les organismes financiers.

Mais les reports de ce type peuvent également être sollicités à tous moments par les entreprises qui ont des difficultés pour faire face au paiement des échéances de leurs financements.

Les banques et les établissements de crédit apprécient les demandes au cas par cas, en fonction de l’évolution prévisionnelle de la trésorerie sur les prochains mois. Mais la négociation d’un différé ou d’un rééchelonnement peut parfois conduire à des demandes de garanties supplémentaires à l’emprunteur.

Une négociation avec la banque peut également porter sur l’octroi d’une autorisation de découvert, ou l’augmentation d’une autorisation de découvert existante.

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