Gérer la trésorerie de mon magasin à l'heure de la reprise

Gérer la trésorerie de mon magasin à l'heure de la reprise

Avertissement : cet article a été rédigé fin avril 2020. Compte tenu de l’évolution rapide des événements, il se peut que certaines informations soient à compléter ou à infirmer au vu des actualités.

Face à la crise sanitaire du Covid-19, des dispositifs inédits de financement ont été mis en place par le gouvernement afin de soutenir l’économie française et les petites entreprises en particulier comme dans le cas des marchands de presse. Ces dispositifs sont nombreux et peuvent être cumulés en fonction de l’appréciation de la situation par le dirigeant.

Premier ensemble de mesures

Décaler les échéances de paiement fiscales et sociales

  • Pour les employeurs, cette mesure a permis de reporter jusqu’à 3 mois et ce sans pénalité les échéances des cotisations salariales et patronales de mars et avril.
  • Pour les travailleurs indépendants qui cotisent à la Sécurité Sociale des Indépendants, les charges sociales dues au 20 mars et au 20 avril n’ont pas été prélevées mais lissées sur les échéances à venir à savoir de mai à décembre.
  • Pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, il est toujours possible de demander au Service des Impôts des Entreprises le report sans pénalité du règlement des prochaines échéances d'impôts directs à leur date limite de paiement.
  • En ce qui concerne les acomptes d’impôt sur le revenu des travailleurs indépendants, ceux-ci conservent la faculté de moduler à tout moment les acomptes de leur prélèvement à la source jusqu’à trois fois pour les paiements mensuels et une fois pour les prélèvements trimestriels. Si une réduction de rémunération est anticipée, le taux de prélèvement peut également être revu à la baisse.
  • Et enfin, pour les magasins qui ont connu une diminution de leur chiffre d’affaires liée à la crise sanitaire, ils ont eu la possibilité de déclarer au titre des opérations du mois de mars un forfait de TVA à  hauteur de 50 % de leur déclaration de février. Cette mesure a été reconduite pour les opérations d'avril déclarées en mai et le retour à  la normale s'effectuera en juin.

Deuxième ensemble de mesures

Mobiliser les mesures proposées par les banques françaises pour soutenir la trésorerie des entreprises

  • En premier lieu, pour les entreprises qui avaient des crédits encours avant la crise sanitaire, il a été possible de reporter ou échelonner jusqu’à six mois leur remboursement et ce sans coût supplémentaire en dehors des intérêts dus sur cette période. Ce report a d’ailleurs parfois été mis en œuvre automatiquement par certaines banques à l’annonce de la crise sanitaire.
  • Il est également possible de demander un différé ou un échelonnement de 6 mois pour les contrats de crédit-bail ou de location financière en cours.
  • Afin de pallier aux situations de trésorerie tendues, les banques ont mis en place des procédures accélérées d’instruction de crédit dans un délai de 5 jours avec une attention particulière pour les situations d’urgence.
  • Enfin, depuis le 25 mars, le Prêt de trésorerie Garanti par l’État (le PGE) offre la possibilité pour les entreprises d’emprunter auprès d’une banque une somme pouvant aller jusqu’à 25 % de leur chiffre d’affaires de 2019 réalisé en France. Cette facilité de trésorerie peut être demandée jusqu’au 31 décembre 2020 et, s’agissant d’un droit à tirage, les demandes peuvent être également fractionnées.Ce prêt répond donc bien aux attentes des marchands de presse qui doivent faire face à l’augmentation du besoin en fonds de roulement de leur magasin liée à la crise sanitaire car :
    • Il est remboursable sur une période pouvant aller jusqu’à 6 ans avec un différé de 12 mois et un remboursement jusqu’à 5 ans.
    • Il bénéficie de la garantie Bpifrance à hauteur de 90 % pour les entreprises employant moins de 5 000 salariés et réalisant un CA inférieur à 1,5 milliard d’euros.
    • Le coût sur la période initiale est limité au taux de garantie de la Bpifrance soit 0,25 %. Le taux et la durée d’amortissement à l’issue de la période de différé de 12 mois seront définis ultérieurement.

Selon les besoins du magasin, il existe également des prêts proposés par Bpifrance :

  • Le Prêt Atout qui peut représenter un financement de 50 000 € à 5 000 000 € pour les TPE/PME pour une durée de 3 à 5 ans avec un différé d’amortissement de 12 mois. Il bénéficie d’un taux d’intérêt fixe ou variable sans frais de dossier et sans garantie.
  • Le Prêt Rebond financé conjointement avec les régions pour une somme pouvant varier de 10 000 € à 300 000 € sur une durée de 7 ans avec un différé d’amortissement de 2 ans. Il bénéficie d’un taux d’intérêt et de conditions d’accès qui varient selon les régions et les dossiers.
  • Le Prêt Rebond Full Digital s’adresse plus particulièrement aux petites entreprises qui réalisent un CA inférieur à 750 000 €. Il peut représenter un montant de 10 000 € à 50 000 € et il bénéficie d’un taux d’intérêt nul. Pour faire une demande, le chef d’entreprise doit donner mandat à son expert-comptable pour qu’il fasse les démarches auprès de Bpifrance.

Troisème mesure

Bénéficier des aides proposées par le fonds de solidarité aux TPE, indépendants et micro-entrepreneurs

Ce fonds concerne toutes les entreprises dont l’activité a été suspendue en application des arrêtés sur l’interdiction d’accueillir du public ou dont le chiffre d’affaires de mars(et/ou avril) 2020 est en baisse d’au moins 50 % par rapport au même mois de l’année précédente ou en baisse d’au moins 50 % par rapport au chiffre d’affaires mensuel moyen sur 2019.

Ces entreprises doivent répondre cumulativement aux critères suivants :

  • Premier critère : avoir un effectif inférieur ou égal à 10 salariés.
  • Deuxième critère : avoir un CA HT inférieur à 1 million € sur le dernier exercice.
  • Troisième et dernier critère : avoir un bénéfice annuel imposable inférieur à 60 000 euros. Ce montant de 60 000 € s’entend par associé (ou conjoint collaborateur) en rajoutant le cas échéant les sommes versées au(x) dirigeant(s) au titre de leur activité

Ces critères d’éligibilité permettent ainsi l’attribution d’une aide visant à compenser la perte de CA du magasin jusqu’à 1 500 € pour mars et/ou avril 2020 par entreprise.

Cette aide peut être complétée d’un soutien par les régions pouvant désormais aller de 2 000 € à 5 000 € sous conditions d’effectif, de CA et de solde négatif entre leur actif disponible et leur passif exigible en mars et avril 2020.

Dans le cadre de cette éligibilité au fonds de soutien, certains magasins ont pu bénéficier d’un report du paiement :

  • de leurs factures d’eau, gaz, et électricité, en adressant directement par mail ou par téléphone une demande de report à l’amiable aux fournisseurs concernés. S’agissant d’un report et non d’une annulation, le paiement de ces échéances reportées sera réparti de manière égale sur le paiement des factures postérieures à la fin de la crise sanitaire sur une durée au moins égale à 6 mois.
  • de leurs loyers en demandant un report de paiement à leur bailleur en LRAR avec justificatifs. Les modalités pour ce report sont fixées de gré à gré entre les parties.

En conclusion

Il existe de nombreux dispositifs  d’aide au financement et c’est heureux car, en l’absence d’encaissements, l’enjeu primordial est de maîtriser ses décaissements.

En tout état de cause, ces aides doivent permettre d’apporter un soutien ponctuel à la trésorerie du magasin pour lui donner la faculté de rebondir plus facilement.