Droit de prescription des infirmier(e)s en 2026 : ce que vous pouvez faire
Un droit de prescription encadré pour faciliter la vaccination en France
En 2026, les infirmier(e)s disposent d’un droit de prescription encadré pour certains vaccins, dans le cadre des textes publiés par le Ministère chargé de la Santé. Concrètement, ce droit vous permet, selon les situations prévues, de prescrire et d’administrer des vaccins à des patients (enfant, adolescent, adulte) afin de faciliter la mise à jour du calendrier vaccinal, notamment lors des soins à domicile.
Ce cadre vise à renforcer la prévention en simplifiant l’accès à la vaccination, tout en maintenant des règles strictes et un haut niveau de sécurité pour les patients.
Des règles strictes et une formation obligatoire
La prescription infirmière reste soumise au respect des indications officielles, à la vérification du schéma vaccinal et à une traçabilité rigoureuse (carnet de santé, carnet de vaccination, DMP). Lorsque cela est nécessaire, le médecin traitant doit également être informé.
Pour pouvoir prescrire certains vaccins, l’infirmier(e) doit avoir suivi une formation complémentaire spécifique à la vaccination, reconnue par les autorités de santé. Cette formation garantit la maîtrise des indications, des contre-indications, de la traçabilité et de la conduite à tenir en cas d’effet indésirable, afin d’assurer une vaccination sécurisée pour chaque patient.
Pour vous, IDEL, ce cadre permet d’éviter des délais inutiles, de sécuriser le suivi vaccinal et de répondre plus rapidement aux besoins identifiés au domicile.
Comment fonctionne le calendrier vaccinal
Trois piliers : obligations, recommandations et vaccinations ciblées
Le calendrier des vaccinations repose sur trois piliers :
- les vaccins obligatoires,
- les vaccins recommandés selon l’âge,
- les vaccinations ciblées selon les risques.
Depuis le 1er janvier 2018, l’obligation vaccinale concerne 11 vaccins chez l’enfant :
- diphtérie,
- tétanos,
- poliomyélite,
- coqueluche,
- hépatite B,
- Haemophilus influenzae de type b,
- pneumocoque,
- méningocoque ACWY/B,
- rougeole,
- oreillons,
- rubéole.
Focus sur les vaccins obligatoires chez l’enfant
En 2026, la partie méningocoque repose sur la vaccination contre les méningocoques ACWY (en remplacement du méningocoque C) et sur le vaccin contre le méningocoque B chez le nourrisson.
Ces obligations visent à assurer une protection collective contre des maladies infectieuses graves, tout en réduisant la circulation des agents pathogènes dans la population générale.
Un schéma vaccinal progressif et un document de référence national
Le schéma vaccinal débute dès les premiers mois de vie par une primo-vaccination avec première dose à 2 mois, puis des doses espacées et des doses de rappel. L’objectif est de protéger le système immunitaire du nourrisson contre des maladies infectieuses potentiellement graves et responsables de mortalité infantile.
Le calendrier est publié chaque année par le service public. Il constitue un document de référence nationale qui est susceptible d'être mis à jour à tout moment, afin de tenir compte de l’évolution des connaissances scientifiques, de l’épidémiologie et de l’arrivée de nouveaux vaccins.
Grippe saisonnière et Covid
Des rappels toujours en vigueur en 2026
La vaccination annuelle contre la grippe et les rappels contre la Covid restent pleinement recommandés. Ces campagnes constituent un pilier majeur de la prévention hivernale, en particulier chez les personnes âgées, les patients à risque et les populations fragiles.
Les infirmier(e)s formé(e)s peuvent aujourd’hui prescrire et administrer ces vaccins dans le cadre réglementaire prévu, contribuant ainsi activement à la couverture vaccinale sur le territoire.
La co-administration grippe/Covid : une pratique simplifiée
Il est désormais possible de proposer une administration simultanée des deux vaccins (grippe et Covid) chez les personnes éligibles, quel que soit leur âge, sur deux zones d’injection différentes (par exemple sur chacun des bras).
Cette co-administration vise à simplifier le parcours et à renforcer la protection des populations vulnérables en une même période hivernale. Vous pouvez ainsi combiner vos actions de vaccination et rationaliser vos tournées.
Rattrapage vaccinal : comment faire ?
Un principe clé : il n’est jamais trop tard pour vacciner
Le rattrapage vaccinal concerne toute personne n’ayant pas reçu un vaccin à l’âge recommandé. Il n’est jamais trop tard pour protéger un patient contre des maladies infectieuses évitables.
Le calendrier prévoit des âges de rattrapage clairs, avec un schéma simplifié pour les enfants, les adolescents et les adultes. Les doses sont adaptées à la situation sans recommencer l’ensemble du schéma.
Le rôle de l’IDEL dans le rattrapage vaccinal
En pratique, vous pouvez :
- vérifier l’historique vaccinal,
- repérer les manques,
- orienter vers le médecin traitant,
- expliquer l’intérêt du rattrapage.
Ce travail repose sur une explication claire, personnalisée et bienveillante.
Nouveautés du calendrier vaccinal 2026
Des priorités renforcées pour la prévention en 2026
Le calendrier 2026 renforce :
- la vaccination contre les méningocoques ACWY,
- la lisibilité des rappels adultes,
- la stratégie de protection des personnes âgées,
- la prévention des infections évitables.
Ces priorités visent à améliorer la couverture vaccinale aux âges clés et à mieux protéger les populations les plus exposées.
Une stratégie nationale alignée sur les recommandations internationales
Ces évolutions s’inscrivent dans la politique de vaccination française, alignée sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé.
Le calendrier vaccinal au domicile
Quand la théorie rencontre la réalité
Sur le papier, le calendrier vaccinal est clair. Il aligne des âges, des doses, des rappels. Mais au domicile, vous le savez, la réalité est souvent plus complexe. Vous intervenez chez des patients sans carnet de santé, chez des personnes âgées qui ne se souviennent plus de leurs vaccins, auprès de familles inquiètes, etc.
Dans ces situations, le calendrier ne se limite plus à un tableau : il devient un outil de dialogue.
Le calendrier comme outil de dialogue et de prévention personnalisée
Très souvent, vous êtes la première personne à poser la question : « Savez-vous si vos vaccins sont à jour ? » Une simple phrase qui ouvre parfois sur des années d’oubli, de rupture de suivi ou de doutes.
Votre rôle consiste alors à traduire les recommandations en langage accessible :
- expliquer pourquoi un rappel est important à cet âge,
- rassurer,
- replacer la vaccination dans une logique de protection,
- respecter les hésitations tout en maintenant un cap préventif.
À domicile, le calendrier vaccinal devient un levier de prévention personnalisé. Vous adaptez le discours à la situation de vie, à l’état de santé, au vécu du patient. C’est souvent grâce à cette proximité que des rattrapages deviennent possibles, que des oublis sont corrigés et que la prévention reprend sa place dans des parcours parfois fragilisés.
Aucun document officiel ne peut remplacer cette médiation humaine. Et c’est précisément là que votre rôle d’IDEL prend tout son sens.
Lire le calendrier vaccinal comme un outil clinique
Une grille de lecture pour évaluer le risque infectieux
Le calendrier vaccinal est souvent perçu comme un tableau figé, une succession d’âges et de doses à cocher. Sur le terrain, pourtant, il devient bien plus qu’une liste : c’est une véritable grille de lecture clinique qui vous aide à évaluer un niveau de risque et à orienter votre action.
Face à un carnet de vaccination incomplet, absent ou ancien, vous ne cherchez pas seulement "ce qui manque”. En quelques secondes, vous croisez plusieurs informations :
- l’âge du patient,
- ses pathologies ou fragilités,
- son entourage (nourrisson, personne immunodéprimée, conjoint âgé),
- son contexte de vie : domicile isolé, institution, soins lourds, dépendance.
Ce raisonnement transforme le calendrier en un outil de repérage infirmier. Vous identifiez les zones de vulnérabilité.
Un support pour nourrir l’analyse globale du patient
Vous ne vous contentez pas d’appliquer une règle. Vous anticipez un risque infectieux, vous ouvrez une discussion, vous communiquez, si besoin, avec le médecin traitant. Le calendrier devient un support pour :
- prévenir des infections évitables,
- repérer des fragilités invisibles,
- nourrir l’analyse globale du patient, notamment dans le cadre du BSI.
Là où d’autres voient une suite de recommandations, vous développez un regard clinique : le calendrier vaccinal devient un prolongement naturel de votre démarche soignante.
Cotation des actes de vaccination par les IDEL
Les codes principaux à connaitre pour une facturation conforme
Comme pour toute télétransmission, veillez à utiliser les codes exacts et à documenter chaque acte dans le dossier patient pour assurer une facturation conforme et éviter les rejets.
Voici les deux principaux codes :
- AMI 2,4 : c’est la cotation standard pour l’acte d’injection d’un vaccin (7,56 €) lorsqu’il est réalisé soit sur prescription médicale, soit pour un vaccin qui n’exige pas de prescription (comme le vaccin antigrippal).
- AMI 3,05 : utilisé si vous administrez un vaccin soumis à prescription obligatoire alors que le patient ne dispose pas d’ordonnance préalable (par exemple, si vous prescrivez et pratiquez l’injection sans prescription antérieure).
Cumuls et indemnités de déplacement
Les actes de vaccination (AMI 2,4 ou AMI 3,05) peuvent être cumulés à taux plein avec d’autres actes réalisés à domicile, quel que soit le nombre d’actes associés (dérogation à l’article 11B de la NGAP).
Vous pouvez également ajouter les indemnités forfaitaires de déplacement (IFD) ou indemnités kilométriques (IK) si le déplacement est justifié.
Le calendrier vaccinal 2026 est bien plus qu’une liste de vaccins. C’est un véritable outil de prévention, de dialogue et de sécurité. En tant qu’IDEL, vous êtes un maillon essentiel de cette chaîne.
Maîtriser le calendrier vaccinal, c’est exercer pleinement votre rôle de soignant(e) de proximité : prévenir, protéger, accompagner, dans l'adaptation aux besoins de votre patient(e). Dans ce rôle, la clarté de l’information et la transparence sont de mise. En cas de doute, n’hésitez pas à contacter le médecin ou à orienter votre patient(e) vers ce dernier.