Grandes lignes du Baromètre des TPE n° 69 : vite, des preuves !

15/03/2018

Depuis les origines du Baromètre des TPE, voici plus de 17 ans, les patrons de TPE ont toujours porté un regard critique, voire très critique, sur l’action économique des présidents de la République successifs et de leurs équipes

Vite, des preuves !

Les gouvernements Villepin, Ayrault, Valls et Cazeneuve n’ont jamais recueilli la confiance de plus du tiers des chefs d’entreprise. Le gouvernement Raffarin s’en est un peu mieux sorti, car il a dépassé la barre des 50 %, mais seulement pendant un an, avant de plonger. Le gouvernement Fillon a aussi franchi le seuil des 50 % durant six mois, avant de voir sa cote de confiance fléchir, mais sans jamais connaître les profondeurs de ses homologues.

Le gouvernement Philippe n’aura pas résisté plus longtemps. Sa cote de confiance s’établit à 48 % d’opinions favorables, contre 50 % trois mois plus tôt en novembre 2017. Le sentiment des dirigeants de prise en compte de leurs préoccupations par le gouvernement s’étiole également. 45 % étaient satisfaits au lendemain de son entrée en fonction, ils ne sont plus aujourd’hui que 35 %. En dépit de ces fléchissements, la popularité du gouvernement Philippe demeure très nettement supérieure à  celle des gouvernements du précédent quinquennat. Mais pour combien de temps, car les paramètres ne semblent pas avoir vraiment évolué depuis un an ? 

Quand 7 % des entrepreneurs témoignent d’une amélioration de leur vie quotidienne au cours des douze derniers mois, 26 % en déplorent une dégradation et les deux tiers ne constatent aucun changement. Ils ont globalement la même perception pour leur entourage professionnel et personnel. Pratiquement aucun patron de TPE n’a enregistré une diminution de ses impôts professionnels et personnels, ni des charges sociales de son entreprise. Dans le meilleur des cas, et c’est le jugement porté par une moitié des chefs d’entreprise, ils n’ont pas évolué. Les autres ont eu la désagréable impression qu’ils avaient plutôt augmenté.

32 % des dirigeants de TPE ont perçu une amélioration de la situation économique de la France au cours de la dernière année, contre 23 % une détérioration. Mais les rangs des patrons positifs fondent lorsque l’on affine les questionnements. Un quart observe une amélioration de la compétitivité des entreprises et 21 % du climat général des affaires. Et leur nombre diminue encore, de 15 à 9 %, en ce qui concerne la situation économique des très petites entreprises, le niveau d’endettement de l’État, le pouvoir d’achat des ménages, la facilité à emprunter ou la réglementation professionnelle et les normes. Les autres patrons estiment au mieux que la situation n’a pas bougé, au pire qu’elle s’est dégradée. 

Sur le plan social, le gouvernement ne bénéficie de l’effet d’image des ordonnances travail que sur les conditions de licenciement, qui  seraient devenues plus favorables pour 40 % des patrons de TPE (contre 20 % qui pensent l’inverse). En revanche, pour plus des trois-quarts d’entre eux, le climat social, la facilité à embaucher, la mobilité de la main d’œuvre et les relations au travail n’auraient pas changé, voire pour certains se seraient délités.

Sur les sujets sociétaux (logement, sécurité des biens et des personnes, immigration et gestion des migrants…), si l’on excepte la menace terroriste, les perceptions sont encore plus sévères, plus abruptes. Même l’éducation ne rassemble que 16 % d’opinions positives, contre 39 % négatives. C’est en matière de pauvreté (66 %) et de retraite (77 %) que la sensation d’altération est la plus forte.

Si le pouvoir exécutif conserve la confiance de presque la moitié des patrons de TPE, le lien apparaît pour le moins ténu. Et le discours ne pourra pas longtemps entretenir l’illusion. Or, il en est de la confiance comme des chiffres, la preuve doit être au bout.

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