Votre entreprise dans cinq ans ?

Entre pessimisme actif et optimisme prudent

La confiance des chefs d’entreprise s’est étiolée tout au long du quinquennat de François Hollande. La lassitude et la résignation les avaient peu à peu gagnés. Depuis, un nouvel exécutif est arrivé aux commandes de la France ; le moment choisi pour connaître leur vision à cinq ans.

Pour 83 % des patrons de TPE, il est plus difficile d’être chef d’entreprise aujourd’hui qu’il y a cinq ans. Un gros tiers seulement pense que la tendance s’inversera au cours des cinq prochaines années. Ils ont une perception identique, tant passée que future, en ce qui concerne les possibilités de faire prospérer leur activité. Par ailleurs, uniquement 35 % des dirigeants de TPE imaginent encore exercer leur activité actuelle dans cinq ans. 43 % redoutent de devoir cesser leur activité. Au final, une vision plutôt sombre de l’avenir ! Et pourtant, la flamme brûle encore. Réussir veut encore dire quelque chose, même si ce mot n’a pas la même finalité pour tous. Réussir serait pour les plus optimistes croître et embaucher, pour les plus pessimistes stabiliser leur entreprise, réduire leurs charges et pouvoir vivre de leur travail.

Si 48 % des dirigeants envisagent de céder ou transmettre leur entreprise, pour partie en vue de la retraite, les autres projettent plutôt d’étendre leur activité et d’investir. D’aucuns misent sur la diversification, d’autres sur la création ou la reprise d’une entreprise, sur la multiplication de leurs points de vente et sur le développement du e-commerce et des services internet. Certains, plus rares (9 %), ambitionnent aussi de s’implanter dans un autre pays. Bien que souvent décrits comme hostiles à l’ouverture de leur capital, près d’un quart accepteraient de s’associer avec une autre entreprise ou un tiers, et 14 % avec un ou plusieurs de leurs salariés.

Environ les deux tiers des patrons de TPE estiment que d’ici cinq ans l’évolution des modes de consommation aura transformé, de façon plus ou moins majeure, leur offre de produits et services ainsi que les modalités de leur commercialisation, ce qui pourrait nécessiter une adaptation de leur process de production. La transition numérique est au coeur de cette mutation, même si, pour la plupart des patrons de TPE, elle ne constitue pas plus une opportunité qu’une menace. Néanmoins, ils ne l’ignorent pas et veulent s’y préparer. Presque deux dirigeants sur trois projettent des investissements en matière d’équipements et d’outils de travail, mais aussi en matière de formation pour eux-mêmes et leurs salariés.

Sur le plan personnel, un tiers des patrons de TPE craint de se lasser de leur activité, et autant, et c’est bien plus grave, de devoir s’arrêter pour maladie ou « burn out ». Une petite moitié a donc l’intention de déléguer davantage de tâches à leurs collaborateurs ou de sous-traiter certaines missions.

Néanmoins, les deux résolutions les plus communes à tous ces dirigeants sont de consacrer plus de temps à leurs proches (86 %) et à leurs loisirs (74 %). Ce ne serait donc pas une vie d’être chef d’entreprise ? La majorité ne semble malgré tout pas trop en souffrir, 56 % conseilleraient à un enfant ou à un proche de suivre leur exemple et de devenir chef d’entreprise.