Premier bilan de l'activité économique 2016 pour les pharmacies

Selon les premières estimations du cabinet d'expertise comptable FIDUCIAL, 2016 sera une nouvelle année de recul de l’activité pour la pharmacie française. La panne de croissance se confirme une nouvelle fois, explique au « Quotidien » Philippe Becker.

Premier bilan de l'activité économique 2016 pour les pharmacies

Le Quotidien du pharmacien. - Comme chaque année, votre cabinet d'expertise comptable, FIDUCIAL nous donne la primeur d’une première analyse des résultats encore partiels sur l’activité des officines en 2016. Quels sont les faits marquants ?

Philippe Becker. - Ces chiffres sont le reflet d’une étude effectivement partielle qui couvre l’analyse des comptes de résultats de pharmacies et de sociétés de pharmacie qui ont clos leurs exercices comptables sur les 3 premiers trimestres de l’année 2016. Pour des raisons évidentes, le dernier trimestre n’a pas pu être intégré.

2016 sera marquée comme une nouvelle année de recul de l’activité. Certes ce recul est faible, moins de 1 %, mais il perdure. La pharmacie française est en panne de croissance et cela se confirme une nouvelle fois. Le propos est à relativiser car ce chiffre couvre comme les années précédentes des situations disparates, avec des officines qui progressent de manière très significative et une majorité de pharmacies qui vivent une forme de descente aux enfers !

On note, et c’est peut-être l’annonce d’un retournement de tendance, que sur le 3e trimestre on est repassé positif !

Philippe Becker. - C’est exact, mais nous savons aussi que la fin d’année est également marquée par des baisses de prix de certains médicaments. Cela étant, il semble que l’hiver précoce et assez rigoureux entraîne de la pathologie, ce qui pourrait inverser la tendance. On note bien évidemment que la part des prestations et honoraires progresse logiquement, compte tenu des nouveaux modes de rémunération. Mais, au-delà, l’indicateur que les pharmaciens devront suivre est le panier moyen ordonnances et ventes hors ordonnances.

Malgré les inquiétudes de la profession, vos données montrent que la marge brute reste très stable, tant en valeur relative du chiffre d’affaires qu’en valeur absolue. Peut-on parler de bonne nouvelle ?

Philippe Becker. - La bonne nouvelle serait qu’elle progresse en valeur absolue pour compenser la progression mécanique des charges d’exploitation. Encore une fois la situation n’est pas catastrophique dans sa globalité, mais ce constat général doit être tempéré pour tous ceux qui voient leur activité régresser fortement, ce qui signifie aussi une baisse de la marge brute en valeur absolue. On constate que la profession manque désormais d’homogénéité, ce qui se traduit par des difficultés graves pour certains, alors que d’autres surfent sur la crise sans gros problème.

Quels sont les facteurs discriminants qui expliquent cette situation ?

Philippe Becker. - Aujourd’hui, l’emplacement, l’accessibilité et une présence solide de médecins généralistes sont les sésames pour développer l’activité. Et comme le consommateur est exigeant, il faut de bons prix et le sourire. Cela ne veut pas dire que compétence et conseils ne sont pas importants, mais ils sont considérés comme un service normal, compte tenu de la protection dont le pharmacien bénéficie du fait du monopole.

Comment a évolué la rentabilité brute des officines en 2016 selon vos premiers constats ?

Philippe Becker. - Il n’y aura probablement pas d’effondrement sur la base des premiers chiffres collectés, car le taux de marge brute rapportée au chiffre d’affaires HT est resté stable sur notre échantillon. En conséquence, l’excédent brut d’exploitation, qui mesure la rentabilité brute, ne devrait pas trop se dégrader. Le CICE, qui a un impact positif sur les comptes de résultats des officines, a un effet amortisseur. Ensuite, il y a toutes les officines qui ont une activité qui régresse fortement et qui seront pénalisées sur leur rentabilité, sauf à réduire leurs charges d’exploitation. Ce qui n’est pas toujours évident, compte tenu des contraintes réglementaires.

Que peut-on anticiper pour 2017 ?

Philippe Becker. - Comme le disait Pierre Dac, « la prévision est difficile surtout lorsqu’elle concerne l’avenir ». 2017 est une année électorale, donc tout peut changer, même si les grandes lignes des programmes électoraux commencent à être connues. Reste que le mur de la dette et des déficits est toujours là et, quelle que soit l’issue des urnes, les nouveaux gouvernants devront faire avec. Je n’anticipe dons pas de miracle pour 2017. Il faudra encore une nouvelle fois composer avec la rigueur budgétaire.

Que souhaitez-vous à nos lecteurs pour 2017 ?

Philippe Becker. - Je souhaite aux pharmaciens que leur rôle et leur compétence soient mieux reconnus et rémunérés. Il faut vraiment que les nouvelles missions soient payées décemment, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui de mon point de vue. Il faut que les pharmaciens agissent avec une vision stratégique de leur métier. Chacun comprend que toutes les professions sont remises en question, soit par de nouveaux intervenants, soit par de nouvelles technologies. Ces phénomènes « disruptifs » sont de plus en plus rapides. À titre d’exemple, les objets médicaux connectés doivent être un vrai sujet d’intérêt pour les officinaux. Les médias évoquent souvent les voitures autonomes qui seront proposées par les géants de la Silicon Valley ; n’oublions pas qu’ils investissent des sommes colossales dans le domaine de la santé. Eux pensent que c’est plus qu’un marché d’avenir !

 

 

 

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