Véhicules d’entreprise électriques : fiscalité, aides et avantages

Le gouvernement a annoncé poursuivre son soutien à l’achat de voitures électriques en 2026. Voici ce que cela signifie pour votre entreprise.

Véhicule électrique : quels avantages pour une entreprise ?

L’accès garanti aux zones ZFE

Les ZFE, Zones à Faibles Émissions, sont des périmètres urbains (mis en place à Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Strasbourg, Grenoble, Lille, Rouen…) où la circulation est progressivement réservée aux véhicules les moins polluants, sur la base de la vignette Crit’Air.

Les restrictions se durcissent progressivement :

  • Véhicules Crit’Air 3 interdits dans la plupart des grandes ZFE depuis janvier 2025,
  • Véhicules Crit’Air 2 (diesel récents inclus) interdits à l’horizon 2026-2030 selon les métropoles.

Avec un véhicule 100 % électrique (vignette verte), vous vous garantissez un accès permanent et sans restriction à toutes les ZFE, quel que soit le durcissement des règles.

C’est la solution idéale - et nécessaire - pour pouvoir vous rendre chez tous vos clients, même en hyper-centre, sans perte de temps ni stress, aujourd’hui comme demain.

Un coût moins élevé à long terme

L’électrique coûte généralement moins cher à l’usage, à la fois car l’entretien est plus faible, et l’électricité moins coûteuse que le carburant.

Le surcoût d’achat initial est souvent compensé dans le temps, surtout si on roule beaucoup et qu’on recharge à domicile ou sur borne peu chère. 

En revanche, si les kilomètres parcourus sont faibles ou si la recharge se fait majoritairement sur des bornes publiques au prix fort, l’avantage économique s’amenuise.

Un engagement écologique

Enfin, au-delà des considérations techniques, adopter l’électrique contribue à une image d’entreprise responsable et engagée, facteur de réputation professionnelle.

Quelles sont les aides disponibles ?

Ces véhicules étant généralement plus cher à l’achat, l’Etat souhaite les rendre plus accessibles par des dispositifs qu’il faut connaître et maîtriser.

Le bonus écologique / les Certificats d’Économie d'Énergie

Depuis le 2 décembre 2024, les personnes morales ne peuvent plus bénéficier du bonus écologique. Seuls les entrepreneurs au statut d’entreprise individuelle (EI) domiciliée en France peuvent toujours en profiter.

En contrepartie, depuis janvier 2025, le système des Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) a été élargi pour aider les entreprises à passer à l’électrique. 

Concrètement, une société peut désormais obtenir une prime si elle achète, loue en longue durée (> 24 mois) ou fait convertir un véhicule en électrique, quel que soit le véhicule (voiture de tourisme, utilitaire, tracteur, camion, bus…). 

Ces aides ne viennent pas de l’État directement mais des fournisseurs d’énergie, qui versent une contribution pour encourager la réduction des émissions. Ces aides sont souvent déduites directement du prix du véhicule, ce qui évite des démarches complexes.

Les montants varient selon le type de véhicule : une entreprise peut recevoir entre 2000 et 5000 € pour un utilitaire léger électrique neuf, mais seulement quelques centaines d’euros pour une voiture (300-600 € en général). 

Ces primes peuvent encore être cumulées avec certaines aides régionales jusqu’à fin 2026. En revanche, la prime à la conversion n’existe plus.

L’exonération des taxes sur les émissions polluantes

En 2024, la TVS (Taxe sur les Véhicules de Société) a été remplacée par deux nouvelles taxes, à savoir :

  • La taxe annuelle sur les émissions de CO2,
  • La taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques.

Les véhicules 100 % électriques permettent d’être exonéré de ces deux taxes

Quant aux véhicules hybrides, ils peuvent y être assujettis partiellement ou totalement en fonction de leur taux d’émission de CO2 et de leur année de mise en circulation.

Exonération de la taxe sur la carte grise

Certains Conseils Régionaux exonèrent totalement ou partiellement les véhicules électriques de la taxe régionale sur les certificats d’immatriculation (la “carte grise”), également appelée taxe régionale Y1 en raison de sa position sur la carte grise.

À titre d’exemple, l’exonération est complète dans les Hauts-de-France.

Plafond d'amortissement majoré

L’administration fiscale plafonne la déductibilité des coûts des véhicules de tourisme afin d’éviter de prendre en charge des dépenses somptuaires (véhicule de luxe très haut de gamme), disproportionnées vis-à-vis d’un usage professionnel normal.

Si le prix d’achat dépasse l’amortissement maximal, l’excédent ne pourra venir réduire le bénéfice imposable. Les véhicules électriques et faiblement polluants sont ici clairement avantagés.
 

Niveau d’émission de CO2Plafond d’amortissement (HT)

0 à 19 g/km

30 000 €

20 à 59 g/km

20 300 €

60 à 130 g/km

18 300 €

> 130 g/km

9 900 €

Source : BOFIP - Amortissements des véhicules de tourisme

Pour mémoire, l’amortissement consiste à étaler le coût d’achat sur plusieurs années plutôt que de passer la charge uniquement l’année de l’acquisition. La durée correspond généralement au nombre d’années avant que le véhicule n’ait perdu sa valeur. Elle varie selon l’état du véhicule lors de l’achat (occasion ou neuf), l’utilisation prévue et les politiques comptables, souvent 4 ou 5 ans.

Le cas des véhicules utilitaires

Un utilitaire professionnel, du moment qu’il est reconnu comme tel (immatriculation N1, CTTE sur la carte grise, usage professionnel, TVA récupérable…) peut être amorti sur la totalité de son coût d’achat hors taxes, quel que soit son niveau d’émission ou son type.

La TVA est toujours récupérable sur les utilitaires électriques

Pour un véhicule utilitaire électrique, la TVA est récupérable à 100 %.

Pour un véhicule de tourisme, la TVA sur l’achat et la location n’est en principe pas déductible, sauf cas professionnels spécifiques (ex : auto-école, taxi…).

Le cas des consommables

  • La batterie, lorsqu’elle est facturée séparément, peut parfois être amortie intégralement.
  • L’électricité utilisée pour la recharge d’un véhicule utilisé professionnellement est une charge déductible à 100% à condition que la facture soit établie au nom de l’entreprise dans les conditions classiques de déductibilité des charges.

Faut-il acheter ou louer son véhicule électrique ?

Au-delà du choix technique du modèle, la vraie décision se situe entre mobiliser du capital ou préserver votre trésorerie

L’achat

L’achat permet d’intégrer le véhicule à l’actif, de bénéficier d’un amortissement majoré et de récupérer la TVA

C’est pertinent si vous cherchez à optimiser votre résultat imposable et que la durée d’usage est longue.

La LLD

La location longue durée fonctionne comme un abonnement : en échange d’un loyer régulier, l’entreprise peut utiliser le véhicule sans supporter le risque de perte de valeur.

C’est une solution simple et efficace, surtout si la flotte doit être renouvelée régulièrement.

L’achat financé par un prêt professionnel

Enfin, l’emprunt pour acheter présente une solution alternative hybride. Le véhicule sera à l’actif de l’entreprise et permettra un amortissement, tandis que les remboursements mensuels étalent le décaissement dans le temps comme dans la LDD.

Pour aller plus loin sur le sujet, reportez-vous notre article “Prêt, crédit-bail ou LLD ?

Un dernier point d’attention…

La réglementation évolue régulièrement. Les informations présentées sont exactes à la date de rédaction de cet article, mais nous vous invitons à vérifier les dispositifs en vigueur au moment de votre projet et à demander confirmation auprès de votre expert-comptable.